Beaujolais nouveau :
la fin du vin en bouteille ?

Prévue le 3ème jeudi de novembre chaque année, l'arrivée du Beaujolais nouveau est un beau révélateur de la ferveur populaire autour du vin en France. Si pour beaucoup nous avons des habitudes de consommation de vin ancrées dans nos quotidiens et vies sociales, avons-nous l'occasion de nous pencher sur ses impacts environnementaux ?

Une empreinte carbone atypique

En regardant plus précisément l'empreinte carbone d'une bouteille de vin, on tombe sur un constat surprenant : Le vin est un des rares produits dont l'emballage pollue presque autant que le produit même. En effet, la très énergivore bouteille de verre représente 40% de l'empreinte carbone totale (1,3kg), et ce malgré la possibilité de la recycler. L'emballage cartonné du cubi serait lui 4x moins polluant que le verre et offrirait ainsi une alternative intéressante pour polluer moins tout en consommant le même produit.

Une autre possibilité en vogue dans les grandes villes mais encore marginale est le vin en vrac, permettant une économie d'emballage sans renoncer au contenant en verre.

Ces options montrent qu'il est possible de consommer autrement, pour autant peut-on vraiment imaginer les Français abandonner la bouteille de vin pour lui préférer ses alternatives plus sobres ?

Un frein culturel tenace

L'attachement des Français au vin est également un grand attachement à la bouteille. En effet, d'après une étude Dynata-Sowine de 2022, ils sont 75% à ne consommer le vin que dans ce format. Cette préférence pour la bouteille est d'autant plus surprenante que 80% des bouteilles sont consommées directement après leur mise sur le marché.
Est-ce nécessaire de mettre le vin dans un contenant pouvant durer 100 ans, quand il sera consommé quelques jours voire quelques heures après sa commercialisation ?

De plus, les consommateurs de cubi (16%), de vin en vrac (6%) ou cannettes (5%), auraient cité le prix, le volume, la qualité et la praticité dans les critères principaux expliquant leurs préférences. Les enjeux environnementaux semblent donc particulièrement éloignés des préoccupations des consommateurs de vin, alors que 86% des Français affirment vouloir mieux intégrer les impacts environnementaux dans leurs choix de consommation. Les efforts écologiques seraient ainsi moins évidents pour le vin que pour d'autres catégories de produits, probablement parce que cette boisson est associée à une longue tradition de consommation.

Ce frein culturel semble se retrouver dans d'autres débats écologiques autour du vin, comme celui des vins bios ou thermodynamiques. Malgré leurs vertus environnementales et bienfaits supposés pour la santé, ils rencontrent de nombreuses réticences auprès de consommateurs traditionnels et peinent à s'adresser aux acheteurs en dehors de leur cible urbaine et gentrifiée.

Le verre, un ennemi omniprésent ?

En dépassant le cas du vin, on constate que le verre est globalement peu remis en question pour ses impacts écologiques, peu importe le produit. En effet, si le consommateur commence à s'inquiéter des impacts environnementaux des produits ou des excès liés au suremballage, le type d'emballage ne semble pas être l'objet de considérations écologiques.

Pire, de nombreux flous entourent les impacts environnementaux des emballages, le verre semblant jouir d'une image sobre et circulaire par rapport au plastique naturellement plus pointé du doigt. Si le premier se recycle en effet mieux, il ne faut pas sous-estimer sa très forte consommation d'énergie dans sa fabrication comme dans son recyclage, qui noircissent inévitablement son tableau. D'après les données de Welow, les emballages en verre sont en moyenne 4 fois plus polluants que leurs équivalents en plastique ou carton.

Un exemple marquant de cette erreur de jugement serait un consommateur renonçant à l'achat d'une bouteille de soda en plastique pour choisir un jus de pomme artisanal en bouteille jugé plus vertueux écologiquement. Si le contenu est en effet plus naturel, moins transformé et moins chimique, le poids carbone du contenant en verre suffit à rendre cet achat plus lourd en émissions de Co2 !

Quels efforts mettre en place sans renoncer à sa fierté de Français ?

Afin d'estimer l'impact d'efforts écologiques autour du vin, nous avons identifié et analysé trois scénarios de consommation mensuelle :
- Celui du consommateur de vin Français moyen, sans effort de consommation
- Celui du consommateur de vin arrêtant de consommer du verre dans ses produits de consommation alimentaire, mais ne diminuant pas les bouteilles de vin ou de bière.
- Celui du consommateur de vin arrêtant de consommer du verre dans ses produits de consommation alimentaire et se permettan tl'achat de bouteilles qu'aux occasions exceptionnelles (soit 1 bouteille de vin et 1 bouteille de bière par mois).

On peut imaginer qu'il consomme du cubi et du vrac en contexte de consommation informelle (famille, amis, vin de table) mais qu'il achète de belles bouteilles pour des évènements particuliers.

Données et sources :
- Emissions de CO2 du verre par volume de produit emballé : 0,497 kgCO2eq (Agribalyse, donnée s’appuyant sur le taux Européen de recyclage du verre de 77%)
- Emissions de CO2 du cubi par volume de produit emballé :  0,13 kgCO2eq (Agribalyse)
- Emissions de CO2 du plastique par volume de produit emballé :  0,11 kgCO2eq (Agribalyse)
- Emissions de CO2 du carton par volume de produit emballé :  0,1 kgCO2eq (Agribalyse)
- Emissions de CO2 de l’aluminium par volume de produit emballé : 0,25kg CO2eq ( Agribalyse)

Les résultats de notre analyse indiquent que le levier de réduction des émissions de CO2 associées au verre est particulièrement important pour la consommation de vin et de bière, car il permet une réduction de 1,4 kgCO2 par mois, soit 40% de la consommation totale du consommateur 1.

Réduire le verre pour les produits alimentaires est un effort écologique intéressant mais secondaire en impact, car il permet d'éviter 0,8 kgCO2 soit 23% de l'empreinte initiale.

Alors, le moment est-il venu de poser la bouteille et de foncer sur les cubis ?

Why we push for a Universal Carbon Score

About Welow

Welow is a pioneer in automated environmental measurement. Serving major distributors such as ManoMano, Geev and Fairytale, Welow's API uses product information supplied by the client to automatically establish eco-scores, providing end consumers with information about the environmental impact of the products they buy.

As recommended by ADEME, Welow's methodology is based on LCAs (Life Cycle Analyses) and incorporates the 16 PEF indicators into its eco-score.